Yonhap : entretien avec David Hamon, présidant de Racines coréennes (Aout 2010)

Yonhapnews

Séoul, 16 août 2010 – Entretien avec David Hamon, président de Racines coréennes
«La modernité de la Corée émeut les adoptés français»

«A leur première visite dans leur pays natal, les adoptés français d’origine coréenne sont dans la plupart des cas très surpris par la modernité de leur pays natal», alors qu’ils ont été adoptés quand le pays était pauvre, et en revenant dans un pays si moderne, «ils sont parfois émus en raison de l’image figée dans leurs souvenirs», a témoigné le président de Racines coréennes, David Hamon, lors de son dernier jour d’été 2010 en Corée du Sud.

Son nom coréen étant Kim Yung-chul, David Hamon est un adopté français d’origine coréenne vivant à Paris. Il dirige l’association d’adoptés Racines coréennes (www.racinescoreennes.org) qui existe depuis 15 ans. A l’occasion d’un grand rassemblement d’enfants coréens adoptés à l’étranger, appelé «Gathering» qui a débuté le 4 août à Séoul, il est venu avec une vingtaine de Français d’origine coréenne et a effectué un séjour de trois semaines en Corée.

Avec l’appui de ses collègues installés en Corée du Sud, il avait organisé la visite d’adoptés français à la découverte de leur pays natal pendant deux ou trois semaines en offrant un soutien logistique et des visites touristiques et culturelles. Au programme de cette année, figuraient des visites des régions du sud du pays, comme Busan, l’île de Jeju et la ville de Gyeongju, inévitable pour la plupart de ceux qui viennent pour première fois en Corée du Sud.

Dans une interview accordée à l’agence de presse Yonhap, le 13 août, il a expliqué que la constatation d’une «telle évolution en si peu de temps» de la société coréenne surprend beaucoup d’adoptés français, avec «l’émotion de revenir en Corée». «C’est une émotion particulière parce que cela crée des attaches» avec un pays pour lequel on avait imaginé la pauvreté, a expliqué le président de l’association.

David Hamon a parlé de son cas particulier en disant : «Les Jeux olympiques de Séoul en 1988 étaient pour moi une découverte de mon pays natal, c’était la première fois que je pouvais voir des Sud-Coréens et leur vie au quotidien à la télévision française et les jeux ne m’intéressaient pas à l’époque.» Les Jeux olympiques étaient effectivement l’occasion pour la Corée du Sud d’émerger économiquement sur la scène internationale. L’adopté français a justement remarqué l’évolution de son pays natal à travers l’évènement sportif.

A ses visites en Corée du Sud (septième cette année) et l’organisation du rassemblement «Gathering», il a appris à travailler avec les Coréens et à comprendre comment ils travaillent : «Le plus déroutant dans les relations avec les Coréens est la signification du sourire et du ‘oui’», qui veut parfois dire «non». «Je m’aperçois que les Coréens ne sont pas toujours clairs de façon contractuelle. Ils donnent plutôt de l’importance à la conscience relationnelle.»

Au niveau de l’efficacité du travail, il a dit que les Européens et les Coréens ont chacun leurs points forts : «Les Coréens sont efficaces le jour où les choses se passent et leur unité et leur esprit collectif constituent leur force, tandis que les Européens ont un système formulé», jusqu’aux petits détails qui rassurent le processus de travail.

En ce qui concerne les rencontres d’adoptés français avec leurs parents biologiques, il a expliqué : «Les gens viennent en Corée pour découvrir le pays et aussi pour retrouver leurs parents biologiques. Ils ont plein de scénarios pour les retrouvailles. Les rencontres ne sont pas idéales, mais ce n’est pas non plus catastrophique pour ceux qui peuvent retrouver leurs parents.» Il a ajouté que «c’est un commencement d’un long chemin qui peut être une belle rencontre, mais sans certitude car ils se sont préparés psychologiquement à toutes les situations avant de venir dans leur pays natal».

L’association Racines coréennes travaille «dans un esprit et une vision générale incluant des parents adoptifs afin de sensibiliser les gens à la culture coréenne et afin d’offrir des activités dans un spectre assez varié en maintenant de bonnes relations avec la communauté coréenne, comme l’Association des résidents coréens en France et l’Ambassade de Corée en France, en essayant de participer petit à petit à leurs évènements».

Il reviendra régulièrement dans ce pays moderne pour partager la vie avec ces gens qui ont de la sympathie pour les adoptés. A ce jour, quelque 12.000 enfants coréens ont été adoptés en France et, chaque année, une dizaine d’enfants coréens sont accueillis dans des familles françaises.

Source : http://french.yonhapnews.co.kr/national/2010/08/16/0300000000AFR20100816003100884.HTML

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