Holt

La procédure chez Holt, quand l’adopté sollicite des recherches sur sa famille biologique :

La procédure chez Holt, quand la famille biologique sollicite des recherches sur son enfant biologique confié à l’adoption :

Les clés du fonctionnement : témoignage
par Camille Jeanmond, octobre 2005 (chiffres mis à jour par Holt en septembre 2011)

(pour en savoir plus sur la démarche de recherche : FAQ ; pour en savoir plus en vidéo : Documentaire des Racines et des Ailes)

Lors du voyage organisé par Racines coréennes cet été, j’ai eu l’occasion de visiter les locaux de l’association Holt par laquelle la plupart des enfants coréens sont ou ont été adoptés. Une occasion de mieux comprendre son but et son fonctionnement.
Holt Children Services Inc., association à but non lucratif, existe depuis 1955 lorsque les américains Harry et Bertha Holt ont adopté 8 orphelins de la guerre de Corée. L’association est aujourd’hui devenue une organisation professionnelle mondialement connue qui facilite les adoptions domestiques et internationales. Holt s’est diversifié dans les services aux personnes handicapées, à la protection de la jeunesse, de la famille et sa préservation et autres services aux communautés sociales.
Lors de notre passage, nous avons surtout visité les 5 services liés à l’adoption. On a ainsi pu suivre le cheminement que doit suivre le dossier d’un enfant avant son adoption, que ce soit en Corée (politique favorisée par le gouvernement) ou à l’étranger (le plus courant). Ainsi, lorsqu’un parent décide pour une raison ou une autre de faire adopter son enfant, il est dirigé vers le service consultation. Au cours d’un entretien avec une personne travaillant dans ce service, il explique ses « motivations ». Le Holt tente dans la mesure du possible d’inciter les parents à garder leur enfant, mais s’ils sont réellement décidés, c’est également dans ce service qu’ils verront les modalités de l’abandon (demande ou non du secret…), mais il faut savoir que pour des raisons évidentes, s’il s’agit d’une adoption en Corée les parents sont définitivement coupés de leur enfant.
L’enfant est ensuite pris en charge par Holt. Lorsque l’enfant est adoptable, l’association le place alors chez une nourrice qui s’en occupera jusqu’à son départ. Il y en a 400 à Séoul qui le ramènent chez elles et viennent une fois par mois à la clinique du Holt pour une visite médicale. En règle générale, l’enfant reste 2 à 5 mois avec la nourrice avant l’adoption. Il arrive toutefois que le nombre d’enfants pris en charge soit supérieur au nombre de nourrices disponibles, auquel cas, l’enfant est placé à la garderie avec une dizaine de nourrissons adoptables mais présentant encore quelques problèmes de santé. Des bénévoles et des infirmières s’occupent d’eux. Dans l’éventualité où l’enfant ne serait pas adoptable, il est envoyé dans un orphelinat.

Nous avons ensuite continué notre visite du Holt dans le service de coopération internationale. Il est composé de 8 collaborateurs : 5 pour les Etats-Unis (où sont placés la majorité des enfants) et 3 pour l’Europe (dans l’ordre, les pays les plus adoptants sont : France, Norvège, Danemark, Belgique, Allemagne…). Ils sont chargés de se renseigner sur la famille adoptive, s’occupent de toutes les formalités pour l’adoption à l’étranger et sont habilités à intervenir au niveau médical si besoin est. Ce service est très important car 80 % des enfants sont placés à l’étranger. En effet, les parents abandonnant leur enfant préfèrent faire adopter leur enfant à l’international, et le nombre d’adoptions domestiques, bien que stable (500 par an) reste limité. Toutefois, le nombre d’adoptions internationales diminue comme le souhaite le gouvernement coréen. Les conditions pour pouvoir adopter par le biais de Holt sont très précises : les parents doivent être mariés depuis au moins 3 ans, avoir entre 25 et 45 ans et pas plus de 15 ans de différence d’âge. Ils doivent être ressortissants américains, français, norvégiens, danois ou belges… Et il ne faut pas oublier qu’une adoption est payante et que les subventions des parents adoptifs (limitées par une somme plafond fixée par le gouvernement) ainsi que le soutien des donateurs sont les principales ressources financières de l’association.
Nous avons également appris qu’aujourd’hui 30% des parents viennent chercher leur enfant, ce qui n’était pas possible il y a encore quelques années.
Enfin, nous avons terminé notre visite par le service post-adoption. Chaque assistante sociale s’occupe d’une zone géographique. Ainsi, un assistant social,  s’occupe de la France et de la Belgique. Les adoptés peuvent le contacter s’ils souhaitent consulter leur dossier d’adoption, retrouver leur nourrice ou rechercher leurs parents biologiques. Les recherches ne sont possibles pour les ressortissants français qu’à la demande de l’enfant, contrairement aux autres pays pour lesquels à partir du moment où l’enfant a 18 ans, les enfants comme les parents peuvent lancer les recherches.

http://www.holtinternational.org/
http://www.holt.or.kr/holten/main/main.jsp