Laure Croset

LAURE MI HYUN CROSET est née le 20 octobre 1973 à Séoul. D’abord
placée avec son grand frère dans un orphelinat en Corée, elle est rapidement
adoptée par un couple suisse qui a décidé de les accueillir tous les deux. Si
elle comprend le coréen à son arrivée en Suisse, elle se focalise tout de suite
sur l’apprentissage du français. Elle le parlera vite et bien, et se découvre
rapidement un goût très prononcé pour la littérature française. Ses études
sont longues, car elle les panache de voyages et se montre plus curieuse
des expériences humaines que des enseignements académiques. Elle écrit
beaucoup, sort tout autant et se passionne pour la musique électronique et
le monde de la nuit. Désormais revenue en Suisse, elle est rédactrice freelance
pour la presse life style, se spécialisant peu à peu dans le domaine
gastronomique. Une année après la publication des Velléitaires, elle a repris
son premier projet littéraire, Polaroïds. Laure Mi Hyun a déjà, en tête, le
sujet de son troisième livre, une biographie, mais qui, cette fois, n’aura plus
rien à voir avec elle !

L’ouvrage :

Une mise à nu étonnante

Une écriture au scalpel

Ces Polaroïds sont une autofiction, sous la forme d’une centaine de
brefs fragments, qui relate les hontes des trente premières années de leur
auteure, de son abandon, en Corée, alors qu’elle était enfant, jusqu’à
sa décision de devenir écrivaine. Avec beaucoup d’autodérision, Laure
raconte les grands moments de solitude qui ont jalonné son existence
et qui ont forgé sa personnalité. Ce texte n’est pas constitué de grands
drames, mais de micro-événements qui, mis bout à bout, forment une
histoire, celle que l’auteure a vécue, mais aussi celle de tout un chacun,
car ces Polaroïds atteignent ce qui est commun à tous, la part de fragilité
nichée au coeur de tout être humain. À partir d’une histoire singulière,
Laure Mi Hyun Croset parvient à toucher à l’universel.

Extrait de Polaroïds, publié le 18 août 2011 :

Mon premier polaroïd manquera d’une certaine manière toujours, puisque j’ai été abandonnée à un an, à dix mois plus exactement. Je n’ai aucune idée de ce que furent ces instants initiaux en compagnie de mes premiers parents. Mon frère biologique, comme disent les gens précis, m’a raconté plusieurs versions de la manière dont notre père nous aurait laissés à l’orphelinat. Je ne parviens pas, pour ma part, à me faire une idée très claire de cette période de mon enfance. Il m’en reste seulement un petit carnet jaunâtre, contenant quelques feuillets recouverts de caractères coréens et de noms de vaccins, ainsi que l’image, aperçue en rêve, d’une femme à la longue chevelure noire, penchée sur moi.

Lisez aussi :

Les Velléitaires, recueil de nouvelles publié aux éditions Luce Wiquin en avril 2010.