«Notre Langue»

Présentation de la langue et de l’écriture coréennes

Une langue « agglutinante »…

La langue est un des éléments essentiels du sentiment national des Coréens; ils l’appellent d´ailleurs, non sans fierté «Notre Langue». Complètement différente du chinois, elle appartient en effet à la famille ouralo-altaïque qui comprend des langues aussi diverses que le turc, le mongole, le hongrois ou le finnois !

C´est une langue dite agglutinante, ce qui signifie qu´un mot est formé à partir d´un radical sur lequel se fixent toute une série de particules. La structure de la phrase est ascendante et le verbe est toujours placé à la fin. Ces premiers obstacles à l´apprentissage de la langue par un Français ne sont rien comparés à la variété des niveaux de politesse utilisés: la forme verbale et même le vocabulaire varient en fonction de l´âge, du niveau social de l´interlocuteur et de la personne dont on parle, si bien qu´une même phrase peut changer au point d´être totalement méconnaissable dans deux contextes différents… Voilà qui ne facilite pas la tâche des quelques courageux qui ont entrepris d´apprendre cette belle langue !

…pour une écriture modèle : le Hangul

L´alphabet coréen, le « Hangul », est un autre sujet de fierté nationale et non le moindre. Il présente en effet la particularité unique d´avoir été créé de toutes pièces et de façon rationnelle au 15ème siècle de notre ère à l´initiative du roi Sejong, aujourd´hui promu au rang de héros national.

Les 19 consonnes et 26voyelles qui constituent cet alphabet reproduisent avec une rare exactitude tous les sons de la langue coréenne. Les consonnes représentent graphiquement la position des organes phonatoires (langue et lèvres): le symbole pour le son [k/g] représente par exemple la forme de la langue bloquant la gorge.

En revanche les voyelles trouvent leur origine dans les principes cosmiques de la philosophie taoïste. Elles sont en effet des combinaisons des trois éléments de base : le point [ . ], pour le ciel; le trait horizontal [ – ], pour la terre; le trait vertical [ | ], pour l’homme.

Auparavant, les sons étaient retranscrits au moyen des caractères chinois, système très peu adapté à une langue si différente du chinois et qui surtout rendait l´écrit inaccessible aux gens du peuple. On comprend les oppositions rencontrées par le roi Sejong pour imposer ce nouveau système qu´il promulgue le 4 octobre 1446: beaucoup de lettrés voyaient d´un mauvais oeil cette démocratisation subite de l´accès à la culture.

De fait, le Hangul restera jusqu´au début du siècle «l´alphabet des femmes» qui ne s´en montrèrent pas indignes à en juger les poèmes écrits par exemple par les kisaeng, courtisanes coréennes. Totalement interdit sous l´occupation japonaise (1910-1945), il symbolisa à la libération l´indépendance nationale retrouvée, au point que le 4 octobre fut choisi comme fête nationale sous le nom de « Jour du Hangul ».

Aujourd´hui, le Hangul est utilisé couramment, même si la connaissance des caractères chinois (dits hanja) reste indispensable à la lecture de nombreux textes écrits. Aujourd´hui, 90% de la population coréenne est alphabétisée grâce à cet alphabet qui peut être aussi d´un très grand secours aux Occidentaux visitant la Corée! Du reste, le roi Sejong lui-même ne se plaisait-il pas à dire :

« Les personnes douées peuvent apprendre le Hangul en une matinée, mais les sots eux-mêmes le sauront en dix jours. »

(texte publié dans le premier numéro du Hamkae, journal de Racines coréennes, en 1995 !)
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